Les métiers de la communication et des relations publiques

Chargé de communication, attaché de presse, consultant RP, affaires publiques : quels métiers recrutent en 2026, quels salaires espérer et comment y entrer.

Vous rédigez la newsletter interne de votre entreprise parce que “vous écrivez bien”. Vous avez tenu la page Facebook du club de hand de votre fils pendant trois saisons, et c’est vous qu’on appelle quand il faut relire un discours de pot de départ. Un jour, quelqu’un vous a lancé : “Tu devrais faire de la com.” La phrase a fait son chemin. Sauf que la communication attire énormément de monde, et que le secteur ne ressemble plus du tout à ce qu’il était il y a dix ans.

Posons les chiffres tout de suite, ils refroidissent un peu. Hellowork a compté à peine 21 000 annonces en communication et marketing au premier trimestre 2025 : 12,4 % de moins qu’un an plus tôt. Chez Indeed, c’est l’autre bout du problème qui saute aux yeux, puisque sur les postes de création et de design, chaque offre reçoit en moyenne 66 % de candidatures en plus qu’en 2023. Moins d’offres, plus de candidats. Et pourtant, la moitié des entreprises interrogées par SUP’DE COM et OpinionWay pour leur baromètre 2026 comptent recruter en communication dans les douze prochains mois. Le secteur n’est pas fermé. Il est encombré, et il trie.

Communication, RP, affaires publiques : trois mondes voisins

Derrière le mot “com”, on range des métiers qui n’ont pas grand-chose en commun au quotidien.

La communication d’entreprise d’abord. Le chargé de communication gère les supports, le site, les réseaux, les événements, les relations avec les prestataires. Son cousin, le chargé de communication interne, s’occupe des salariés : intranet, journal interne, accompagnement des réorganisations, discours de la direction. Au-dessus, le responsable communication puis le directeur de la communication pilotent la stratégie et la réputation.

Les relations presse et relations publics ensuite. L’attaché de presse construit des relations avec les journalistes, rédige des communiqués, organise des interviews, gère les demandes en cas de crise. On le trouve chez l’annonceur ou en agence. Le syndicat Syntec Conseil en Relations Publics revendique une cinquantaine d’agences adhérentes, environ 1 500 collaborateurs et 65 % du marché : c’est un petit monde, où tout le monde se connaît.

Les affaires publiques, enfin. Là, on parle de lobbying, même si le mot fait grincer des dents dans la profession. Le consultant va plaider la cause d’un industriel ou d’une fédération professionnelle dans les ministères, à l’Assemblée, parfois à Bruxelles. Petit détail qui a son importance : depuis la loi Sapin 2, il faut être inscrit au répertoire de la HATVP pour exercer. Beaucoup viennent du droit, de Sciences Po, ou ont fait leurs armes comme collaborateurs d’un député.

La frontière avec le marketing est de plus en plus floue, surtout sur le digital. Community manager, content manager, social media manager : ces postes sont revendiqués par les deux familles. Si c’est plutôt ce versant qui vous attire, jetez un œil à notre panorama des métiers du marketing digital, où les grilles de salaires et les compétences demandées sont assez différentes.

Ce qui recrute, ce qui sature

Soyons francs : le chargé de communication généraliste junior est le profil le plus concurrencé du marché. Un bac+3 en poche, des compétences “en tout” mais sans spécialité, et vous vous retrouvez face à deux cents candidatures sur la même annonce. Les écoles du secteur évoquent elles-mêmes des recherches d’emploi de douze à dix-huit mois pour les débutants. Ce n’est pas une fatalité, mais ça ne s’improvise pas.

À l’inverse, plusieurs créneaux tirent leur épingle du jeu :

  • la communication digitale et les contenus, surtout dans les PME, la tech et les structures engagées dans la RSE ;
  • la communication interne, portée par le travail hybride, les fusions et les plans de transformation qui obligent les directions à expliquer ce qu’elles font ;
  • la communication RSE et extra-financière, parce que les obligations de reporting, même allégées, exigent des gens capables de rendre lisibles des données techniques ;
  • la communication de crise, discipline de niche mais très bien rémunérée en cabinet ;
  • la communication publique, dans les collectivités, les hôpitaux, les intercommunalités, qui recrutent en continu, souvent en contrat, sur des postes de catégorie B ou A.

Pour situer la communication par rapport aux filières qui peinent réellement à embaucher, le guide des métiers qui recrutent donne un bon point de comparaison. Vous verrez vite que la com ne joue pas dans la même cour que le BTP ou la santé.

Le saviez-vous ? D’après le baromètre SUP’DE COM x OpinionWay (322 professionnels interrogés), 90 % des entreprises utilisent déjà l’IA dans leur service communication, à 80 % pour rédiger des contenus. Mais 82 % d’entre elles n’envisagent pas de remplacer un profil junior par l’IA. Le métier change, il ne disparaît pas.

Les salaires, sans maquillage

Les écarts sont énormes, et ils dépendent de trois choses : Paris ou région, agence ou annonceur, privé ou public. Les montants qui suivent sont bruts annuels, et je les ai recoupés entre les études Hays, l’Apec et Glassdoor.

Côté chargé de communication, la fourchette de départ va de 24 000 à 34 000 euros. Traduit en net, ça fait parfois moins de 1 900 euros par mois à Paris, avec le loyer qui va avec. Ça grimpe, heureusement. Cinq ans plus tard, la barre des 40 000 est souvent franchie, et les plus aguerris frôlent les 50 000. La communication interne ? Même histoire, un départ un peu plus timide (25 000 euros, grosso modo) puis 42 000 quand on a fait ses preuves.

Les attachés de presse commencent vers 28 000 ou 32 000 euros. J’en connais une, spécialisée dans les vins de Loire depuis douze ans, qui a fini par passer les 45 000 : c’est à peu près le haut du panier hors agences parisiennes. L’événementiel paye mal au début, 24 000 euros n’a rien d’exceptionnel, et on dépasse rarement 45 000. Métier de passion, de soirées et de week-ends sacrifiés. Autant le savoir. Les affaires publiques s’en sortent mieux, entre 33 500 et 53 500 euros selon Glassdoor.

Pour les postes d’encadrement, tout change. Responsable communication : 45 000 à 60 000 euros, voire 85 000 avec de la bouteille. Dircom d’un grand groupe : de 70 000 à 150 000. Mais combien de places ? Très peu.

Deux nuances. Les agences de relations presse payent souvent moins que les annonceurs au démarrage, mais on y apprend deux fois plus vite. Et dans la fonction publique territoriale, les communicants restent sur les grilles indiciaires : moins de marge de négociation, mais une sécurité que peu de postes privés offrent.

Se reconvertir dans la com : l’atout de votre ancien métier

Voilà le point que beaucoup de candidats en reconversion sous-estiment. Votre première carrière n’est pas un trou dans le CV, c’est votre spécialité.

Prenez Sandrine, 41 ans, ancienne technicienne qualité dans l’agroalimentaire. Elle a passé un titre de chargée de communication en alternance, puis décroché un poste chez un fabricant de plats cuisinés en Bretagne. “Ils ont reçu des dizaines de CV de jeunes diplômés. Moi, je savais ce qu’était une traçabilité et un audit IFS. Je n’avais pas besoin qu’on m’explique l’usine.” Même logique pour un infirmier qui rejoint le service communication d’un groupement hospitalier, ou pour une ancienne journaliste qui passe aux relations presse, sans doute la reconversion la plus classique du secteur.

Côté formation, plusieurs voies existent :

  • les titres RNCP de niveau 6 (bac+3) de chargé de communication, en douze à vingt-quatre mois, accessibles avec un bac+2 ou trois ans d’expérience professionnelle, et mobilisables avec le CPF ;
  • l’alternance, qui représente environ un tiers des recrutements selon le baromètre SUP’DE COM, avec 35 % des contrats qui débouchent sur une embauche ;
  • les masters et les grandes écoles (CELSA, EFAP, ISCOM), plus sélectifs et plus coûteux, mais qui pèsent lourd : 64 % des personnes recrutées dans le secteur ont un bac+5.

Attention toutefois à ce dernier chiffre. Sans bac+3 minimum, viser un poste de chargé de communication généraliste dans un grand groupe relève du parcours du combattant. En PME, en association ou dans une collectivité, en revanche, un portfolio solide et une expérience métier compensent souvent le diplôme.

En pratique Avant de financer une formation, montez un petit portfolio : un communiqué de presse rédigé pour une association locale, un plan de communication pour un commerçant de votre quartier, deux ou trois publications LinkedIn qui ont bien tourné. Trois pièces concrètes valent mieux qu’un long paragraphe de motivation.

Alors, faut-il se lancer ?

La communication reste un secteur ouvert aux reconvertis, à condition de ne pas y arriver les mains vides. Si vous aimez écrire, que vous supportez bien l’urgence et les validations à rallonge, et que vous pouvez vous appuyer sur un domaine que vous connaissez de l’intérieur, les chances sont réelles. Si en revanche vous cherchez surtout un métier “créatif” sans spécialité, mieux vaut prendre le temps de choisir un créneau précis. Commencez par repérer trois entreprises de votre ancien secteur et regardez qui fait leur communication. C’est souvent là que la porte s’entrouvre.